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Frédéric Tiberghien, Président de Finansol, donne son point de vue sur les défis de la finance solidaire pour 2017

10.02.2017
F. Tiberghien

Nous ne connaissons pas encore les chiffres de la finance solidaire pour 2016 – ils seront connus en mai 2017 – et restons sur les impressions majeures tirées de ceux de 2015 : excellente collecte (+ 24 %) avec la confirmation de la remontée des banques (+ 22,5 %) par rapport à l’épargne salariale (+ 25,6 %) et progression homothétique des investissements (+ 21,7 %).

Les principaux enjeux pour 2017 sont les suivants.

1 - L’évolution de l’épargne de partage dans une perspective de remontée des taux à moyen terme

En dépit de taux de plus en plus bas, la collecte de l’épargne de partage continue de progresser (674 M€ d’encours fin 2012, 753 M€ fin 2013, 853 M€ fin 2014 et 1 Md€ fin 2015), même si ce rythme de progression s’est ralenti (+ 12 % en 2013, + 13 % en 2014 et + 17,3 % en 2015), comparativement au taux de progression de l’épargne solidaire dans son ensemble (+ 20% par an depuis 15 ans). C’est un des nombreux signes encourageants de l’esprit de solidarité qui persiste dans notre pays.

Les sommes reversées aux associations, en déclin depuis 2012 (7 M€ en 2012, 6,1 M€ en 2013, 5,7 M€ en 2014 et 5,3 M€ en 2015), continuent en effet à jouer un rôle déterminant pour les bénéficiaires, notamment pour financer l’accompagnement social des personnes en difficulté car les phénomènes d’exclusion et de pauvreté continuent à gagner du terrain. L’élargissement du label Finansol aux options de partage a permis d’apporter 400 K€ de plus aux associations en 2015.

De nombreux experts anticipant une remontée des taux fin 2017 sous l’impulsion des Etats-Unis, les perspectives de collecte de l’épargne de partage devraient s’améliorer en 2018 et retrouver leur dynamisme antérieur, avec surtout une remontée des sommes reversées aux associations.

2 - La mise en place du LDDS

Immense pas en avant pour la finance solidaire, la création fin 2016 du livret de développement durable solidaire (LDDS) par la loi dite Sapin II devrait booster à terme la collecte d’épargne solidaire. En effet, le nombre de livrets ouverts est de 25 millions pour un encours supérieur à 100 Mds€, à rapprocher du nombre actuel d’épargnants solidaires (un peu plus d’un million). Finansol veillera à ce que les textes d’application nécessaires sortent en temps utile pour que ce livret soit mis en place dès 2017 dans sa version « produit de partage » et dès 2018 dans sa version « produit d’investissement ».

Cette mise en place sera une formidable opportunité pour la diffusion de la finance solidaire : par l’intermédiaire des banques, ce sont 25 millions d’épargnants solidaires potentiels qui seront sensibilisés à l’importance de la finance solidaire. Il ne faudra pas rater cette sensibilisation.

3 - Les propositions de Finansol pour dessiner l’avenir de la finance solidaire

L’agenda de Finansol va rester chargé en 2017.

En 2016, nous avons notamment obtenu une amélioration du régime de l’épargne salariale tout en évitant la création d’une poche d’investissement concurrente de l’investissement solidaire ainsi que la transposition satisfaisante des nouvelles règles imposées par le règlement d’exemption par catégories publié par la Commission européenne le 17 juin 2014, qui régit les aides d’Etat sur la période juillet 2014-2020 et contient des règles contraignantes pour l’investissement en direct dans les entreprises solidaires.

En 2017, notre agenda va être influencé par les élections présidentielle et législative. A cet effet, nous publierons un livre blanc qui contiendra une dizaine de propositions pour concrétiser notre objectif à l’horizon 2025 : porter la part de l’épargne solidaire dans l’épargne financière des ménages de 0,19 % à 1 %. Il mettra l’accent sur l’assurance-vie solidaire, domaine où la Carac a innové.

Nous n’oublions pas non plus qu’il nous reste deux sujets irritants à résoudre :  favoriser la remontée du taux de solidarité des fonds 90/10, actuellement de 6 %, vers les 8 % en allongeant la période de référence prise en compte pour le calcul instantané de ce taux ;  obtenir de la BPI et de la Caisse des dépôts qu’il soit mis fin à la dégradation du régime des garanties accordées aux financeurs solidaires survenue lorsque la Bpi a pris la suite d’Oséo.

Finansol se mobilisera également pour que l’Union européenne se montre plus active dans le soutien qu’elle apporte à l’économie sociale et solidaire et à la finance solidaire.